Dialogues philosophiques
Paul Ricœur et Michel Foucault
Rose Goetz rapproche dans Le
Portique deux
philosophes sur le thème
du souci de l'autre.
Le souci de soi ou le souci de l'autre ? Et
soi-même comme un autre ?
RÉSUMÉ
Très critique envers Les
Mots et les Choses, Ricœur
dit son admiration pour L’Usage
des plaisirs et Le
Souci de soi et le
rapprochement de sa pensée avec celle du dernier Foucault, laissant
au lecteur la tâche, difficile, d’en trouver éventuellement
les signes dans Soi-même
comme un autre et dans d’autres écrits
portant sur la question du soi.
Mais, sans jamais méconnaître la différence entre les
problématiques
des deux philosophes, le lecteur peut aussi, en vue d’élaborer
sa propre compréhension de la question, traiter leurs textes comme
des « boîtes à outils » et
en extraire quelques instruments propres à s’articuler fructueusement
les uns aux autres. [texte
intégral]
Avant le souci de l'autre il y a le souci. Qu'est-ce que le souci ?
« Au sens courant, le souci est la pression de l’esprit qu’occasionne une difficulté à résoudre. » (Usages de la philosophie par Juliette Chiche et Gilles Blanc-Brude, journal Le Monde)
Heidegger appelle cet état le fait d’être projeté dans autre chose. L’esprit n’est pas alors en repos, mais affairé, tout en étant lui-même affecté : on est à la fois hors de soi, et touché par le problème en suspens.
Ce qui faisait dire à Heidegger que le souci n’est pas un état psychologique passager, mais une structure fondamentale constante, plus angoissante encore que les soucis divers à régler, qui servent le plus souvent à la masquer…
Lire le Blog du journal Le Monde ou Heidegger, Être et temps, § 41
Dans la suite du film de dimanche AMEN de
Costa-Gavras une réflexion de himmelweg dans son blog du 15 février
dernier
La chapelle noire de l'écriture et le
chat





Levinas
1905 – 1995
Philosophe français
Éthique
* VISAGE *
Par son visage, l’autre engage ma responsabilité.
Je suis responsable de l’autre.
Quelle que soit sa contenance, le visage de l’Autre expose à mon regard la plus extrême faiblesse présentée dans toute sa nudité. Il éveille en moi le désir de meurtre, et à la fois, « est ce qui nous interdit de tuer ». J’ai le désir d’anéantir cette vulnérabilité dans laquelle je me reconnais et en même temps le devoir de la protéger. L’« épiphanie » d’autrui, dans son visage, engage immédiatement ma responsabilité. Aussitôt que l’autre me regarde, il m’incombe d’assumer sa faiblesse, sa fragilité et sa vulnérabilité. La relation qui s’établit, « constitue le fait originel de la fraternité » et engage ma liberté. « Je suis responsable d’autrui sans attendre la réciproque, dût-il m’en coûter la vie. La réciproque c’est son affaire ». Dans ma relation à autrui l’éthique se doit d’être élevée au niveau d’un absolu qui règle mon existence avec une rigueur inébranlable.



«En balbutiant, en réfléchissant, en philosophant, nous tentons ensemble de faire.
Au délit de faciès, substituons donc l’exigeante philosophie du Visage de l’autre que dessinait Emmanuel Lévinas, philosophie qui requiert ma responsabilité dans la rencontre avec autrui.
« Ne pas déplorer, ne pas rire, ne pas détester, mais
comprendre. », écrivait Spinoza, autre vieux philosophe, en
un temps tout aussi chaotique que l’actuel.
Décidemment, nous n’en sortirons pas indemnes !»
Penser le bonheur
Avec Le Bonheur Philosophe. De Pythagore à Al
Gore, de Jacques Sénécal, je suis nettement plus dans mon élément. Pourquoi
la philo plus que la psycho? Parce que le subjectivisme souvent complaisant
de la seconde et son obsession thérapeutique me semblent souvent li¬mitatifs.
En philo, on dépasse la logique du témoignage reçu par une écoute pour accéder
l’échange discursif. Amant de la discussion, j'en ai fait depuis longtemps
ma famille.
«Introduction à la Philosophie abordée sous l'angle du bonheur devenu, aujourd'hui,
un véritable devoir social», le bel essai pédagogique de Sénécal donne raison à Aristote,
qui affirmait que tous veulent être heureux, même s'ils ne s'entendent pas sur
les moyens d'y parvenir. En 33 brefs chapitres, l'ex-enseignant de philosophie
au collégial parcourt l’histoire de cette discipline pour y débusquer les règles
de la vie bonne. […] La quête du bonheur, nous dit essentiellement Sénécal,
peut être menée en solitaire, mais la compagnie des grands penseurs évite bien
des détours au chercheur tout en le maintenant «dans un état de quiète inquiétude»
Louis Cornellier, Le Devoir, 15 et 16 mars 2008