En alternance avec nos conférences et nos films de la présente saison, nous vous convions à quelques incursions du côté des blogs et autres réflexions philosophiques sur notre thème de l'année : Le souci de l'autre

Dialogues philosophiques
Paul Ricœur et Michel Foucault

Rose Goetz rapproche dans Le Portique deux philosophes sur le thème du souci de l'autre.
Le souci de soi ou le souci de l'autre ? Et soi-même comme un autre ?

RÉSUMÉ
Très critique envers Les Mots et les Choses, Ricœur dit son admiration pour L’Usage des plaisirs et Le Souci de soi et le rapprochement de sa pensée avec celle du dernier Foucault, laissant au lecteur la tâche, difficile, d’en trouver éventuellement les signes dans Soi-même comme un autre et dans d’autres écrits portant sur la question du soi.
Mais, sans jamais méconnaître la différence entre les problématiques des deux philosophes, le lecteur peut aussi, en vue d’élaborer sa propre compréhension de la question, traiter leurs textes comme des « boîtes à outils » et en extraire quelques instruments propres à s’articuler fructueusement les uns aux autres. [texte intégral]

Avant le souci de l'autre il y a le souci. Qu'est-ce que le souci ?

« Au sens courant, le souci est la pression de l’esprit qu’occasionne une difficulté à résoudre. » (Usages de la philosophie par Juliette Chiche et Gilles Blanc-Brude, journal Le Monde)

Heidegger appelle cet état le fait d’être projeté dans autre chose. L’esprit n’est pas alors en repos, mais affairé, tout en étant lui-même affecté : on est à la fois hors de soi, et touché par le problème en suspens.

Ce qui faisait dire à Heidegger que le souci n’est pas un état psychologique passager, mais une structure fondamentale constante, plus angoissante encore que les soucis divers à régler, qui servent le plus souvent à la masquer…

Lire le Blog du journal Le Monde ou Heidegger, Être et temps, § 41


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Dernière mise à jour :

12 avril
2008
Webmestre

Dans la suite du film de dimanche AMEN de Costa-Gavras une réflexion de himmelweg dans son blog du 15 février dernier
La chapelle noire de l'écriture et le chat

« Le féminin et le juif furent - et demeurent encore, les grands exclus des sociétés européennes fondées sur le crime symbolique du politique (l’annulation du singulier dans le collectif) qui verse souvent dans la brutalité du passage à l’acte dans les crimes de masse (guerre de 14/18, destruction des juifs d’Europe et les autres choses dont la guerre tenace contre l’émancipation des femmes de la tutelle masculine). »

Jacques Sénécal

Pour Levinas le souci de l'autre commence par la découverte du visage de l'autre. Cette Inconnue de la Seine symbolise assez bien la quête du visage qui obséda aussi bien Levinas que Blanchot ou Giacometti.
« Quand je résidais à Eze, dans la petite chambre (agrandie par une double perspective, l’une ouverte jusqu’à la Corse, l’autre par-delà le Cap Ferrat) où je demeurais le plus souvent, il y avait (elle y est encore), pendu au mur l’effigie de celle qu’on a nommée « l’inconnue de la Seine » une adolescente aux yeux clos, mais vivante par un sourire si délié, si fortuné (voilé pourtant), qu’on eût pu croire qu’elle s’était noyée dans un instant d’un extrême bonheur. Si éloignée de ses œuvres, elle avait séduit Giacometti au point qu’il recherchait une jeune femme qui aurait bien voulu tenter à nouveau l’épreuve de cette félicité de la mort. »
Maurice Blanchot, Une voix venue d'ailleurs


Levinas
1905 – 1995
Philosophe français
Éthique

 

* VISAGE *

Par son visage, l’autre engage ma responsabilité.
Je suis responsable de l’autre.

Quelle que soit sa contenance, le visage de l’Autre expose à mon regard la plus extrême faiblesse présentée dans toute sa nudité. Il éveille en moi le désir de meurtre, et à la fois, « est ce qui nous interdit de tuer ». J’ai le désir d’anéantir cette vulnérabilité dans laquelle je me reconnais et en même temps le devoir de la protéger. L’« épiphanie » d’autrui, dans son visage, engage immédiatement ma responsabilité. Aussitôt que l’autre me regarde, il m’incombe d’assumer sa faiblesse, sa fragilité et sa vulnérabilité. La relation qui s’établit, « constitue le fait originel de la fraternité » et engage ma liberté. « Je suis responsable d’autrui sans attendre la réciproque, dût-il m’en coûter la vie. La réciproque c’est son affaire ». Dans ma relation à autrui l’éthique se doit d’être élevée au niveau d’un absolu qui règle mon existence avec une rigueur inébranlable.

Sur le site de Grapheus tis un article sur la «coopération décentralisée» (avec ou pour les autres ?)

«En balbutiant, en réfléchissant, en philosophant, nous tentons ensemble de faire.

Au délit de faciès, substituons donc l’exigeante philosophie du Visage de l’autre que dessinait Emmanuel Lévinas, philosophie qui requiert ma responsabilité dans la rencontre avec autrui.

« Ne pas déplorer, ne pas rire, ne pas détester, mais comprendre. », écrivait Spinoza, autre vieux philosophe, en un temps tout aussi chaotique que l’actuel.
Décidemment, nous n’en sortirons pas indemnes !»

Les prochains événements de la fin de la saison à la Compagnie des philosophes

Penser le bonheur
Avec Le Bonheur Philosophe. De Pythagore à Al Gore, de Jacques Sénécal, je suis nettement plus dans mon élément. Pourquoi la philo plus que la psycho? Parce que le subjectivisme souvent complaisant de la seconde et son obsession thérapeutique me semblent souvent li¬mitatifs. En philo, on dépasse la logique du témoignage reçu par une écoute pour accéder l’échange discursif. Amant de la discussion, j'en ai fait depuis longtemps ma famille. «Introduction à la Philosophie abordée sous l'angle du bonheur devenu, aujourd'hui, un véritable devoir social», le bel essai pédagogique de Sénécal donne raison à Aristote, qui affirmait que tous veulent être heureux, même s'ils ne s'entendent pas sur les moyens d'y parvenir. En 33 brefs chapitres, l'ex-enseignant de philosophie au collégial parcourt l’histoire de cette discipline pour y débusquer les règles de la vie bonne. […] La quête du bonheur, nous dit essentiellement Sénécal, peut être menée en solitaire, mais la compagnie des grands penseurs évite bien des détours au chercheur tout en le maintenant «dans un état de quiète inquiétude»
Louis Cornellier, Le Devoir, 15 et 16 mars 2008

 

Dimanche 27 avril 2008

Dimanche philo

L'écrivain et le chas de l'aiguille
Yvon Rivard